Vendanges 2018 : on parle de nous ! (1/2)

Voici la première partie de l’article du 13/09/2018 de la Nouvelle République consacrée aux vendanges à Reuilly et Quincy.

Vendanges : savoir guetter le jour idéal

Publié le 13/09/2018 à 04:55 | Mis à jour le 13/09/2018 à 08:41

A l’approche des vendanges, Jean-Charles et Étienne Borgnat goûtent régulièrement les baies pour évaluer les parcelles prêtes à être vendangées.
© Photo NR

Les vendanges ont débuté dans les deux vignobles du Berry. En Reuilly comme en Quincy, le millésime est prometteur. Encore faut-il récolter au bon moment.

Certaines années, la météo ne laissait pas vraiment le choix aux viticulteurs. Le ban des vendanges proclamé, il leur fallait parfois rentrer la récolte au plus vite pour limiter les dégâts. Cette fois-ci, le soleil de cet été indien change (enfin) la donne. En éternel exigeant et perfectionniste, le vigneron apprécierait un bel arrosage avant la cueillette mais le moral est quand même au beau fixe. « Les derniers crus ont été affectés par le gel, la grêle, la maladie. On a eu une attaque du mildiou au printemps mais pour la première fois depuis bien longtemps, on n’a pas eu de gros problèmes climatiques. Le rendement s’annonce enfin correct et la qualité, prometteuse », se réjouit Jean-Charles Borgnat.
Son domaine s’étend sur une dizaine d’hectares : 8,5 ha en appellation Quincy et 2 ha en appellation Reuilly, du côté de Preuilly (Cher). La semaine dernière, il a attaqué les vendanges avec le pinot gris, traditionnellement plus précoce. Mais pour les autres cépages, la décision est plus délicate à prendre en raison de la canicule de cet été. « Dans le Quincy, les sols sont aérés et sableux, ce qui a permis aux vignes d’aller chercher les réserves d’eau plus profondément avec leurs racines. Dans le Reuilly, où les sols sont argilo-calcaires, la chaleur et le manque d’eau ont bloqué certaines vignes en provoquant un stress hydrique : les raisins, notamment les blancs, sont à peine à maturité », constate Jean-Charles Borgnat.
Goûter régulièrement les baies Par expérience, le viticulteur sait combien il est urgent… de ne pas se précipiter. Chaque jour, il inspecte les parcelles avec son fils, Étienne, pour surveiller l’évolution des baies. Une fois par semaine, ils effectuent des prélèvements pour analyser la maturité, l’acidité et le degré attendu. Mais la décision de vendanger ne repose pas uniquement sur ces analyses. « Le travail de dégustation est essentiel. On vient quasi quotidiennement sur nos parcelles, goûter les baies pour évaluer celles qui sont plus avancées au niveau sucres et arômes. On évalue la dureté de la peau du raisin ; si la pulpe part en jus ou reste ferme et charnue ; on voit la couleur du pépin et s’il est croquant ou pas ; on mesure aussi l’aspect tannique y compris chez les blancs », énumère Étienne.
Les deux viticulteurs pensent vendanger leurs rouges cette semaine et enchaîner sur le Quincy blanc, puis le Reuilly en fin de parcours. Mais ce calendrier n’a rien de figé : « On voit au jour le jour. C’est un subtil équilibre à trouver entre les parcelles en limite de maturité et celles en surmaturité ». D’éventuelles précipitations pourraient donner un ultime coup de fouet à la vigne et achever la maturation. La fraîcheur des nuits et les quelques rosés du matin ne sont pas non plus pour déplaire. Mais les chaleurs annoncées toute cette semaine incitent à la prudence : « Elles peuvent accélérer le flétrissement du raisin et faire ainsi baisser les acidités et les jus ». Le choix est donc délicat.

M.R.

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